28.05.2009

Le monstre blanc

Je ne suis pas fière de moi.

 

Mais j'ai pas fait exprès M'sieur l'juge, je jure !!

 

L'autre jour (c'est toujours l'autre jour chez moi...) j'ai voulu planter des petits bulbes ( " Liatris - spicatas " pour ceux qui connaissent) car il était spécifié sur le paquet : " à planter de février à mai".

 

Étant donné qu'on était déjà mi-mai, j'ai pensé qu'il serait temps de passer à l'acte (oui, je ne suis pas une rapide).

 

J'ai donc cherché dans le jardin, non sans difficulté, un endroit propice dans lequel je pourrais planter ces maudits bulbes qui-étaient-devenus-tout-secs-et-tout-rabougris-dans-la-cuisine.

Armée de mon petit grattoir à main (non pas mes ongles, d'ailleurs j'ai pas d'ongles pour cause de musique)  me voilà en train de gratter le sol avec frénésie sous l'oeil éberluée de la Puce qui semble penser " non mais elle va pas faire ÇA ici !?! " (comprenne qui pourra...)

 

Je gratte donc la terre lorsque soudain, un monstre blanc-jaunâtre-gluant-dégeu couvert de terre s'offre à ma vue. Comme il est de belle taille (le monstre) je suis à la limite de prendre mes jambes à mon cou, abandonnant sur place le grattoir et le chat, mais me faisant violence tout en me remémorant ce que disait ma grand-mère, à savoir " les p'tites bêtes mangent pas les grosses" (ce qui est faux ricanent les moustiques), je reste sur place et commence à examiner le monstre. De plus, il n'a pas l'air agressif.

 

cigale1.JPG

En grattant la terre, je suis tombée sur une galerie assez large qui visiblement correspond à l'autoroute du monstre. Il faut dire que ce dernier dispose de grandes pattes hideuses. Mais la larve est couverte de terre et j'ai beaucoup de difficulté à la rattacher à une famille quelconque. La seule chose que je vois, c'est que l'outil de jardin l'a blessée et qu'il en sort un liquide blanc sur un côté.

 

Un peu d'eau versée sur cette bête permet de mieux la visualiser. Et j'ai soudain un affreux doute...

Car il y a une chose qui me paraît très reconnaissable entre toutes : les yeux.

 

cigale2.JPG

Oui je viens de tomber sur une larve de cigale !

Ce qui n'a rien d'extraordinaire vu la région dans laquelle j'habite.

 

Mais une recherche sur le net m'apprend que la larve de la cigale passe 4 années sous terre (!) avant de sortir pour avoir seulement deux mois pour se reproduire avant de mourir non sans nous avoir bien cassé les oreilles

 

Ce qui veut dire que cette pauvre larve - qui était sur le point de sortir de terre d'ici peu - a passé 4 ans de sa vie sous terre pour rien !

 

Non, je ne suis pas fière de moi...

 

 

 

22.05.2009

Oh la tronche !

 

Non mais vous avez vu la tronche de ce qui se balade dans mon jardin !!

 

 

La tronche.JPG

Au passage si quelqu'un arrive à l'identifier...

11.03.2009

Les oiseaux (2)

Il y a plus d'un an déjà, j'avais commencé une petite saga sur les oiseaux:

http://babillagesprofonds.hautetfort.com/archive/2008/02/...

 

Le monde des oiseaux, comme celui des humains, est un monde sans pitié. La loi du plus fort y règne en maître, et seule l'ingéniosité ou la rapidité du petit face au gros peut lui sauver la mise.

 

Chaque oiseau possède un territoire auquel il tient farouchement et dont il n'hésite pas à en chasser l'intrus non désiré sans ménagement  !

 

corbeau freux _MG_8245.jpgC'est ainsi que les pies et les corbeaux (ou corneilles) sont des ennemis redoutables ! Leur territoire est assez vaste mais qu'il soit survolé par l'autre espèce a pour effet immédiat de regrouper plusieurs individus qui partent en chasse contre l'intrus (avec force cris souvent). Ces poursuites se passent haut dans le ciel en général et cessent subitement sans que l'humain ne sache trop pourquoi, comme s'il existait une frontière derrière laquelle le poursuivi peut continuer tranquille alors que les autres font demi tour.

 

Par contre, qu'un rapace (faucon, buse...) viole le territoire en question et là, plus de guerre entre les ennemis jurés mais une alliance tacite instantanée contre l'ennemi héréditaire (toujours très bruyamment). Le rapace se sert  essentiellement des ascendances de l'air pour progresser et ne bat des ailes que rarement. J'ai vu un jour une buse s'envolant  lourdement de la cime d'un sapin du jardin où elle avait séjournée un temps scrutant le sol à la recherche de petits mammifères, bien malmenée par une escadrille de pies descendant en "piqué" sur elle et l'embêtant sans relâche jusqu'à ce qu'elle s'éloigne suffisamment.

 

Même politique pour les passereaux (mésanges, rouge-gorge...). Le chétif ou mal formé passe après les autres.

Je me souviens d'un hiver durant lequel un petit rouge-gorge venait régulièrement dans le jardin. Son observation aux jumelles m'avait permis de constater un défaut à l'une de ses pattes : son pied était mal formé, tout recroquevillé et sa patte se terminait comme...une allumette. Je l'avais surnommé "le Pied-Bot" et bien sûr m'étais immédiatement prise d'affection pour lui.

rouge-gorge-4.jpgLe pauvre n'avait pas la vie facile, il se faisait jeter régulièrement par tous les autres ! Ne pouvant tenir correctement sur les branches avec son moignon de pied, il vivait surtout à terre et je tremblais pour lui que les chats du quartier (je n'avais pas de chat à cette époque) n'en fassent qu'une bouchée.

Le voir voleter au niveau de la boule de graisse pendue à la branche du sapin pour tenter d'en piquer  quelques graines, comme font les colibris (mais très difficile à réaliser pour cet oiseau), me serrait le coeur. Ce vol ne durait que quelques secondes avant que l'oiseau, complètement exténué, ne se pose à terre. Je plaçais donc des graines à même le sol ainsi que des morceaux de pommes et autres friandises. Mais là encore, il devait passer après les merles qui le chassaient en courant vers lui bec en avant...

 

Il était courageux mon petit "Pied-Bot" et a tenu vaillamment tout l'hiver, un hiver particulièrement rude avec neige et températures glaciales (en Isère). Il a disparu au printemps. J'espère qu'il aura pu trouver une belle dame rouge-gorge qui lui aura permis de se reproduire car c'est ça l'idéal du monde animal : se reproduire.

 

28.10.2008

Les mutants (3)

Le reste de la journée se passa à accueillir les participants qui arrivaient les uns après les autres, et à découvrir le reste de la maison ainsi que le parc attenant.

Nous étions tous très contents de nous retrouver et c'est avec une bonne humeur communicative que nous partageâmes le repas préparé  en commun. Finalement la vétusté de la maison nous amusait plus qu'autre chose et nous avions pris le parti d'en rire à défaut de pouvoir y changer quoi que ce soit.

Après avoir occupé la soirée à l'inspection avide des partitions apportées par chacun, tout le monde gagna sa chambre respective car nous savions que la semaine serait bien remplie et demanderait toute notre énergie.

Ma cothurne et moi firent de même en nous dirigeant sans entrain vers notre chambre, car il fallait bien reconnaître que c'était la chambre la moins "sympathique" de toute la maison. Après une toilette rapide, nous nous couchâmes chacune dans notre lit et  - babillage de filles oblige - nous discutâmes encore un moment avant d'éteindre. C'est moi qui commandais la lumière par la petite lampe (antique ) posée sur la table de chevet à côté du lit. Immédiatement un noir profond envahit la pièce dont l'air s'emplit du chant des grillons du jardin postés sous la fenêtre.

J'étais écrasée de fatigue. La journée avait été riche en émotion sans compter le long voyage en train depuis Paris et la chaleur de l'autorail. Je repensai soudain à mon arrivée et me remémorai la mante religieuse et le mille-pattes géants. Un frisson me parcourut tandis qu'une vague inquiétude commençait à naître au creux de l'estomac, m'empêchant de sombrer dans le sommeil tant attendu. Je n'étais pas tranquille. Puis finalement, comme aucun bruit ne filtrait à part la respiration régulière de la copine endormie, je me calmai et finis par planer dans un demi sommeil.

 

Soudain...un petit bruit me fit reprendre conscience. Il me semblait entendre un très léger gratouillis tout près de moi !

Une décharge électrique n'aurait pas mieux fait : immédiatement mon cerveau qui avait parfaitement capté l'évènement mit tous mes sens en alerte, particulièrement mon ouïe que j'ai déjà fort développée. Les yeux grand ouverts malgré l'obscurité, totalement figée mais le coeur battant, toute mon attention était suspendue au moindre bruit de ce que je n'imaginais déjà que trop bien ! Effectivement, le bruit recommença et je sentis subitement quelque chose passer rapidement dans mes cheveux au sommet du crâne !!

Bien involontairement je poussai un cri d'épouvante et me jetai sur l'interrupteur de la lampe tout en m'asseyant dans le lit, me frottant vigoureusement les cheveux pour ôter ce qui s'y trouvait !

A peine avais-je crié que la copine réveillée en sursaut poussa elle-même un grand cri :

- "ahhhhhhhhhh ! Qu'est-ce qui se passe...???" demanda-t-elle d'un air véritablement effrayé en se redressant d'un bond, debout sur son petit lit de camp, prête à décamper au plus vite.

Complètement paniquée  je répondis :

- " il y a une bête dans le lit ! " en inspectant en même temps le traversin fautif.

Mais rien ! Je ne voyais rien. Il n'y avait pas plus de bête que de dents chez une poule.  Je n'avais  pourtant pas rêvé, j'étais certaine qu'une bête était passée sur ma tête après avoir cheminé sur le traversin.

Un doute m'envahit soudain...

Je soulevai alors doucement le drap sur ma gauche et vis...un gros abdomen noir  avec de grandes pattes s'enfoncer un peu plus sous les draps pour se cacher ! J'eus l'impression que mon coeur dont les battements devinrent extrêmement rapides allait exploser.

Je peux affirmer que de ma vie je ne suis jamais sortie aussi vite d'un lit que cette fois ci !

Toute tremblante debout à côté du lit, je me demandai comment faire pour extirper des draps dans lesquels elle se cachait cette blatte géante (cafard ?)... Par chance nous étions deux et il faudrait bien ça ! C'est ainsi que nous décidâmes que pendant que l'une soulèverait brusquement le drap  - il faut toujours prendre l'ennemi par surprise - et chasserait la bête avec un objet suffisamment long pour ne pas être en contact avec, l'autre écraserait le cafard dès son arrivée sur le sol. Je laissai à la copine le soin d'écraser le cafard.

Ainsi fut dit, ainsi fut fait.

Mais je me demande encore comment je pus remonter dans le lit pour y dormir...

oekaki_36875.jpg

 

 

23.10.2008

Les mutants (2)

Résumé de l'épisode 1 ici

Les chambres avaient été distribuées d'office avant l'arrivée des participants et c'est ainsi que j'appris que je partagerais la mienne avec la copine venue m'accueillir à la gare.

couloir.JPGC'est donc sans attendre qu'elle me conduisit dans ce qui serait notre chambre. Pas difficile à mémoriser, il s'agissait de la dernière porte au bout d'un long couloir partant sur la gauche du hall d'entrée. Ayant à peine poussé la porte de cette pièce je stoppai net sur le seuil et parcouru la chambre d'un coup d'oeil circulaire éprouvant immédiatement une forte impression négative.

La chambre, meublée d'un vieux lit en bois sombre et d'une commode plus ancienne encore dont le marbre était cassé et certaines poignées manquantes, semblait aussi délabrée que le reste de la maison : les tommettes couvrant le sol se trouvaient dans un état lamentable ou absentes, le papier peint pendait en lambeaux à certains endroits, la fenêtre donnant sur le jardin ne laissait guère entrer de lumière à cause de la végétation sur le mur. Je ne parlerai pas de la propreté du lieu, le ménage n'ayant pas du être fait depuis plusieurs mois, pour preuve les toiles d'araignées pendant en guirlandes fournies ici et là.

J'étais consternée !

Dans un angle sur la droite  se trouvait  une porte vitrée dont j'appris qu'elle donnait accès - en descendant quelques marches d'un escalier précaire en bois  - à la salle de bains desservant les chambres du couloir. Lorsque je dis salle de bains comprenons bien : il s'agissait en réalité d'une grande pièce servant au propriétaire d'atelier à tout faire dans laquelle il avait installé une cabine de douche ainsi que des toilettes cachées par... un paravent ! Hormis le fait que les hôtes devaient traverser notre chambre pour aller faire leurs ablutions, devrais-je préciser que la porte vitrée de la chambre n'avait ni rideaux ni clé et que l'entrée de l'atelier par le jardin n'en avait guère plus... ?

De mon inspection rapide des lieux, j'avais eu le temps de remarquer un petit lit de camp, assez bas, placé à côté du lit principal. Restait à savoir laquelle de nous deux occuperait le petit lit de camp... Devant mon air renfrogné, la copine qui était brave me laissa royalement le lit et alla même jusqu'à m'aider à le faire (des draps propres - miracle ! - étaient posés dessus). Élégamment, je lui cédai l'oreiller et me résignai à prendre le traversin que je supporte difficilement,  mais bon...

Très mauvais choix, je n'allais pas tarder à m'en apercevoir...

suite et fin au prochain épisode...


17.10.2008

Les mutants (1)

Cet été là, j'avais prévu de passer une semaine complète avec des ami(e)s musicien(e)s à faire de la musique jusqu'à plus soif.

Ne m'étant pas du tout occupé de l'intendance c'est donc avec bonheur que j'appris que nous serions logés dans le Sud Ouest de la France, une relation de l'un des membres mettant à notre disposition (moyennant finances) un relais authentique dans lequel avait séjourné le bon roi Henri IV (je ne sais pas si vous avez remarqué mais on dit toujours le bon roi Henri IV...)

Passons sur le voyage en train qui fut très éprouvant car finissant par un vieil autorail rouge où il faisait environ 50°, passons sur le fait qu'en face de moi se trouvait assis un jeune homme vêtu d'une robe de bure à capuche marron retenue à la taille par une corde torsadée, passons sur le fait que ce moine - car c'est bien de cela qu'il s'agissait -  ne cessait de jeter des coups d'oeil concupiscents sur mes jambes que ma robe boutonnée sur le devant laissait entrevoir malgré mes efforts incessants pour retenir les pans de tissu sur mes genoux, passons sur le fait que cela me mettait particulièrement mal à l'aise en me faisant passer pour la réincarnation de Satan, passons sur tout cela car ce n'est pas du tout le sujet de ce billet !

Une copine m'attendait à la gare pour me conduire au "château" et c'est très impressionnée que je découvris la grande allée bordée d'arbres centenaires gigantesques sur plusieurs centaines de mètres. L'endroit avait incontestablement un cachet plutôt sauvage et il me sembla apercevoir de façon fugace au pied d'un arbre un énorme rapace nullement dérangé par le passage de la voiture. Pas de doute, c'était bien une buse là dans le chemin, certainement en train de chasser un quelconque gibier. Quel accueil !

Puis apparut enfin le fameux relais.

Entouré - pour ne pas dire envahi -  d'une végétation luxuriante, le bâtiment devait effectivement dater de l'époque d'Henri IV. Mais je me demandai non sans inquiétude s'il avait été rénové depuis...

Car il faut bien reconnaître , nous nous trouvions face à une demeure totalement délabrée ! Elle avait eu probablement son heure de gloire et en gardait quelques vestiges, mais tout cela datait d'il y a fort longtemps.

L'aile du château dans laquelle vivait le propriétaire - lui-même artiste ce qui explique peut-être cela - semblait quand même en meilleur état. Malheureusement, la partie laissée aux invités n'avait vraiment rien d'engageant. Et cela n'avait pas du tout l'air de déranger le maître des lieux.

Alors que je m'apprêtai à entrer courageusement dans le bâtiment - tout en croisant les doigts en passant le seuil pour conjurer que la toiture ne s'effondre  à cet instant - , mon attention fut attirée par un petit mouvement sur le sol. Je vis alors avec horreur un insecte qui devait bien mesurer 15 cm de long ! J'eus beau  écarquiller les yeux il me fallut admettre qu'il s'agissait bien d'une mante religieuse, beaucoup plus grosse que la normale ! Je me rassurai en me disant qu'elle était à l'extérieur et n'aurait peut-être pas la mauvaise idée d'entrer dans la maison...

Mais à peine dans le hall, j'eus le temps d'apercevoir un gigantesque scolopendre s'enfuir prestement derrière la plinthe du mur !

Hou la la ! Mais c'était quoi cet endroit rempli d'insectes mutants ??

En réalité, les surprises ne faisaient que commencer...

seigny_114_copie.jpg

 

à suivre...

04.07.2008

Le rossignol

Depuis que nous sommes dans cette maison, nous avons la chance chaque printemps de pouvoir profiter du chant d'un rossignol.

Enfin, une chance qui n'en est pas toujours une d'ailleurs car le rossignol est un oiseau qui chante essentiellement la nuit.

Oui oui toute la nuit quand les chats sont gris avec seulement quelques temps de repos. L'an dernier, le coupable devait être sur un arbre proche de la maison et probablement orienté vers la fenêtre de la chambre ce qui fait qu'on l'entendait parfaitement. Enfin surtout moi, parce que l'Homme dort comme une souche du sommeil du juste...

Le chant très puissant et mélodieux n'est jamais solitaire et si l'on écoute bien, il s'agit en fait d'un dialogue avec un rival confrère qui se trouve à la limite de son territoire.

Ceci est vrai pour grand nombre d'oiseaux (le dialogue). J'ai passé beaucoup de temps à les écouter, étudier leurs chants, tenter de comprendre leur univers en plus de les mater avec des jumelles.

Donc cette année encore, nous avons eu droit au rossignol discutant avec son compère tout en essayant de séduire madame rossignol. Puis en juin, les concerts nocturnes ont cessé et le rossignol est sorti de mes pensées.

Il y a quelques jours, je profitais de la fraîcheur - toute relative ! - du soir après l'arrosage, assise sur le banc du jardin tout en ayant le plus grand mal à ne pas me faire littéralement bouffer par les moustiques. Depuis quelques jours déjà j'entendais régulièrement un chant inconnu d'oiseau. Cela consistait en un tuuuiiiiiit puisssant suivi immédiatement d'un croassement style grenouille. Franchement c'était bizarre et je n'avais pas souvent entendu une telle chose.

Après observation discrète depuis mon banc - pan ! une grande tape sur la cuisse...raté... -   je vis qu'il s'agissait bien d'un oiseau. Mais le jour tombant ne me permettait pas d'identifier celui-ci.

La Puce, couchée sur le banc à mes côtés, commençait à trouver ce chant un peu agaçant. D'autant que l'oiseau avait un comportement pour le moins surprenant : au lieu de fuir le chat, il semblait le provoquer ! Elle allait à un endroit, hop immédiatement il était sur l'arbre juste au-dessus de sa tête à crier son tuuuiiiiiit- grrrrrrrrrr visiblement à l'encontre du chat. De plus en plus énervée, La Puce grimpait dans l'olivier où l'oiseau se trouvait, hop, il se posait sur l'arbre juste en face tuuuiiiiiit- grrrrrrrrrr (pendant ce temps, je me frappais inlassablement...) ! Pas besoin d'être devin pour comprendre que l'oiseau protégeait quelque chose en détournant l'attention du prédateur. Mais jugeant dans l'instant que j'avais suffisamment donné de sang aux moustiques, je décidais promptement que l'heure de la retraite avait sonné.

Le lendemain je reprenais mon poste armé des jumelles indispensables. L'oiseau était bien là (les moustiques aussi) fidèle au rendez-vous, à faire son cirque et à chercher sa nourriture dans l'herbe fraîchement arrosée. Je constatais qu'il pourrait bien s'agir d'un rossignol mais ce type de chant était surprenant de sa part. Les jumelles me permirent de voir que la femelle nourrisait un petit pendant que le mâle surveillait le jardin. Je ne m'étais donc pas trompée. Je vis parfaitement le jeune dans un buisson et me dis que je ne donnerais pas cher de sa peau si La Puce le découvrait. Elle m'avait déjà apporté - à mon grand désespor - un bébé rouge-gorge quelques jours auparavant.

Mais ceci est une autre histoire...

 

PS: après vérification, il s'agit bien d'un rossignol et vous pourrez même entendre le  tuuuiiiiiit- grrrrrrrrrr en cliquant sur le site Oiseaux à gauche et en tapant rossignol philomène.

19.05.2008

Ça faisait longtemps

Oui, ça faisait longtemps que je n'en avais pas vu...

Non pas que cela me manquait bien au contraire, moins j'en vois mieux je me porte !

Comme d'habitude c'est au moment ou l'on s'y attend le moins que cela arrive et la surprise fut donc totale. Immédiatement le dégoût et la peur s'emparèrent de moi et une pensée fugitive me traversa l'esprit : " que faire ?". Elle ne dura pas longtemps car je sais parfaitement que ce genre de situation se termine toujours de la même façon.

Je pris donc une grosse pierre se trouvant à portée de ma main et rapide comme Buzz l'éclair j'abattis la dite pierre sur la pauvre bête !

Avec une mauvaise conscience  estompée par la peur me tenant au ventre et tout en appuyant fortement sur le galet, j'imprimai un mouvement de balancier avec celui-ci, histoire d'être certaine ne pas rater mon coup. J'entendis alors un craquement sinistre m'annonçant que ma terrible besogne avait réussie, et je retirai ma main de la pierre en tremblant légèrement. J'avais le souffle court, mon coeur battait rapidement et je n'étais pas fière de moi !

J'attendis quelques secondes sans trop savoir pourquoi ou plutôt si... parce que je n'étais pas pressée de revoir "la bête" ni ma mauvaise action. Mais je suis adulte et responsable de mes actes aussi je soulevai le galet avec beaucoup de précaution (on ne sait jamais) et ne pus que constater le décès avec tristesse et soulagement.

Je venais de croiser mon premier scorpion  de l'année.

29.02.2008

Les oiseaux (1)

En quittant la région parisienne, je ne connaissais rien aux oiseaux.

A part le merle dont le chant mélodieux et flûté illuminait tous mes printemps depuis fort longtemps, ainsi que les moineaux et pigeons, volatiles typiques de nos villes, je ne connaissais rien.

Notre premier déménagement en province nous fit atterrir dans une maison avec jardin en périphérie d'une ville. Ce fut pour moi la découverte d'un monde totalement inconnu et parallèle au notre : l'univers des oiseaux !

1833646404.jpgMunie de jumelles suffisamment puissantes, je passais des heures à les regarder. Ne sachant les reconnaître, nous avions acheté après bien des hésitations - afin de trouver celui qui convenait le mieux - un livre traitant du sujet. Celui-ci était cher mais très bien fait et je trouvais l'imagerie intéressante pour reconnaître les oiseaux.

C'est ainsi que je découvris les mésanges :

- la mésange charbonnière, la tigresse des mangeoires ! Ne fait pas de quartier et chasse sans pitié tous les passereaux qui voudraient manger avant elle (même les autres mésanges).

- la mésange bleue, plus petite, dont on croit qu'elle a les yeux bridés.

- la mésange huppée, encore plus petite et de loin ma préférée. Elle m'amuse beaucoup avec sa tête de pénitent (cagoule pointue); c'est une bavarde, elle gazouille inlassablement de branche en branche ! Je l'entends et la reconnais entre mille.

- la mésange à queue longue qui comme son nom l'indique est munie d'une queue...longue. Celle-ci ne se déplace qu'en bande et se régale dans nos jardins en hiver avant de remonter dans le grand Nord.

- la mésange nonnette, qui a l'air de porter le voile 

Les mésanges communiquent plus par des sons que de par des chants. Pour moi, elles symboliseront toujours l'arrivée du printemps car c'est l'oiseau que j'entendais au sortir des hivers rigoureux de la Lorraine de mon enfance, à l'occasion des premiers bourgeonnements.

Je ne découvris pas que les mésanges, mais aussi de nombreux passereaux :

- le verdier, à la belle couleur vert et jaune

- le tarin des aulnes, petit oiseau capable de faire un chant (de crécelle) pendant des heures !

- le pinson, qui se nourrit principalement au sol où il marche en posant son pied "à plat" ce qui lui donne une drôle d'allure

- la fauvette (à tête noire) qui tous les matins passait d'arbre en arbre en chantant sa délicieuse petite ritournelle (toujours la même) 

- le rouge-gorge, timide, qui ne fait guère le poids face aux mésanges mais dont le chant (timide aussi ) est mélodieux, presque nostalgique 

- le chardonneret élégant, toujours en bande, magnifique oiseau très coloré 

- le rougequeue, qui arrive dès les beaux jours et garantit que le printemps s'installe pour de bon

- la sitelle, véritable acrobate des troncs d'arbres, n'hésite pas à manger la tête en bas

- le rossignol, très discret par sa présence physique mais pas par son chant puissant qu'il est capable de lancer une nuit entière !

- le pic-vert et le pic épeiche, qui frappent les troncs à la recherche d'insectes derrière l'écorce et dont le cri d'alarme avertit tous les oiseaux

- le geai, très farouche, ne s'approchant pas trop de la maison

Et bien d'autres tels moineaux, gros bec casse-noyau (tout est dit !), tourterelles, merles, grives (c'est pas un peu fada les grives...?)

Régulièrement, une huppe fasciée s'arrêtait dans le jardin ou elle restait quelques jours à se refaire une santé avant de repartir dans sa migration. Dans la même idée, un pie-grièche écorcheur s'est arrêté un jour dans le figuier et a passé son temps à manger tous les bourdons qui passaient à porté de son bec  mais je ne l'ai vu qu'une saison.

Et puis bien sûr, les pies et autres corneilles et corbeaux !

Il y a beaucoup à dire sur ces derniers,  j'en ferai un billet prochainement.

 

En attendant, pour les personnes qui souhaiteraient découvrir les oiseaux dont j'ai parlé, voici un site magnifique qui vous renseignera avec précision. ICI

 

20.10.2007

Je l'ai revu...

Vous vous souvenez peut-être de l'épisode du scorpion dans la chambre. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez vous rafraîchir la mémoire ici

Depuis ce jour je ne l'avais plus rencontré et par la force des choses, je m'étais résignée à l'idée de dormir à trois dans la chambre.

Mais un évènement fortuit allait me permettre de me trouver à nouveau face à lui.

Les rideaux du séjour sont  partiellement décrochés de leur tringle depuis quelques temps déjà. Ne me demandez pas pourquoi c'est sans importance pour l'histoire.

Il faut savoir que je ne risque pas de monter sur une chaise ni même sur un escabeau pour les raccrocher étant donné la hauteur sous plafond du séjour. Non, il faut carrément la grande échelle. 

Je décide donc hier qu'il est temps de faire un peu d'escalade afin de remettre les rideaux en place. Après avoir positionné l'échelle je commence courageusement mon ascension. Je dompte les anneaux récalcitrants et profite au passage de ma position élevée pour contempler la vue qui, par ce magnifique temps clair et ensoleillé, est enchanteresse.

Mes contemplations terminées, je m'apprête à descendre de mon perchoir lorsque quelque chose d'insolite attire soudain mon attention. J'aperçois à droite de la fenêtre quelque chose qui "pendouille" .

Pas de doute je le reconnais ! C'est lui ! Le scorpion !

Il est mort... il s'est pendu !!!!!

Je tends le cou pour essayer de comprendre la chose.

C'est démoniaque !

Non le petit scorpion ne s'est pas pendu, en fait il s'est empêtré dans des fils d'araignée. L'hôtesse de la toile ne s'est pas gênée pour en faire son festin la serviette autour du cou, affûtant ses couteaux avec une dextérité à faire pâlir Bruce Lee tout en chantant à tue-tête  "c'est à boire qu'il nous faut !" (Si ! C'est vrai !).

Le pauvre animal quant à lui est complètement vidé de toute substance, il ne reste que la carapace...

Requiem in pace...

 

Moralité de l'histoire :

1 - je me félicite de ne pas faire le ménage trop souvent et saurai quoi répondre si par hasard l'Homme avait la mauvaise idée de m'en faire la remarque (ce qu'il ne fera pas; "pourquoi" ? comme dirait notre président... petit indice : "pas fou le bourdon" comprenne qui pourra...)

2 - je me demande si je ne vais pas finalement reprendre l'élevage d'araignée dans le séjour... ICI

3 - il s'en passe des choses la nuit  dans cette maison... 

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