24.03.2009

Souvenirs d'école

 

L'école primaire de mon enfance se trouvait non loin de notre habitation et ma petite soeur et moi pouvions nous y rendre à pieds .  Je me souviens parfaitement du trajet et peux le refaire de mémoire encore aujourd'hui.

1969_ce2.jpgL'école, un bâtiment tout en longueur pourvu d'un étage, possédait une entrée filles et une entrée garçons. Eh oui, à l'époque on ne mélangeait pas les filles et les garçons en classe ! Je revois ma salle de classe située au premier étage dernière porte au bout du couloir et dont les murs étaient couverts de grandes cartes géographiques. Mais en réalité, le couloir ne se terminait pas là,  il continuait dans l'école des garçons.  La séparation consistait en deux portes battantes assez lourdes qui permettaient facilement s'il le fallait, de passer d'une école à l'autre.

 

Pour les enfants que nous étions, ces portes consistaient surtout en un petit jeu : pousser dans les portes toute personne passant à proximité  afin qu'il (elle) se retrouve du côté défendu !  Évidemment, j'étais toujours perdante à ce jeu (auquel je ne souhaitais pas particulièrement jouer mais on ne me demandait pas mon avis). L'enfant se retrouvant subitement du mauvais côté se hâtait de revenir s'il ne voulait pas se faire punir par la maîtresse ou pire encore être la risée des enfants de l'autre bord...

 

Je me souviens de l'attente impatiente de la sonnerie annonçant un peu de liberté.  Je m'ennuyais en classe, pas grand chose ne m'intéressait... je faisais semblant...

Semblant...d'être attentive alors que mon esprit était ailleurs, dans les rêveries surréalistes propres à l'enfance.

Semblant... de travailler mais apprenant les leçons à contre-coeur et sans motivation.

Je trompais bien le monde enseignant (ce qui fut vrai jusqu'à la terminale) et donnais l'illusion que ma timidité et ma réserve expliquaient mes résultats toujours limites. [ Mais comme mon ange gardien veillait sur moi,  mon bac  fut obtenu du premier coup avec mention...]

Ma motivation (et le travail quasi disciplinaire) est venue avec la musique.

 

Un soir alors que j'étais à l'étude jusqu'à 17H30, un évènement imprévu arriva à l'école. Une petite fille (2-3 ans) fut trouvée dans une classe et conduite à la directrice car cette enfant ne faisait pas partie de l'école. Aucun adulte ne la connaissait mais alors qu'elle  était présentée à la maîtresse qui nous gardait, je reconnus immédiatement une enfant de mon immeuble. J'étais "au le tableau" comme on disait à l'époque, la craie à la main, essayant de faire des additions et soustractions aux chiffres interminables. Voyant l'enfant, je dis que je la connaissais mais l'émotion me brouilla l'esprit au point qu'il me fut impossible de me rappeler du nom de famille de la petite, je me rappelais juste son prénom : Christine !

Ayant localisé le domicile il fut facile ensuite de ramener l'enfant à sa mère, cette dernière étant dans une inquiétude sans nom comme on peut imaginer !

En fait, la petite voulait tellement aller à l'école (tout mon contraire...) qu'elle avait profité d'un moment d'inattention de sa mère pour s'échapper vers le lieu adoré !!

 

Commentaires

"mais l'émotion me brouilla l'esprit au point qu'il me fut impossible de me rappeler du nom de famille de la petite"
C'est fou cela, Cigale. Vous êtes manifestement une hyper-sensible.

Ecrit par : Feuilly | 24.03.2009

Répondre à ce commentaire

@ Feuilly : j'étais... Heureusement cela s'est calmé avec l'âge ! Mais omme je partais avec une grande marge, le niveau reste élevé !! :-))

Ecrit par : Cigale | 24.03.2009

Répondre à ce commentaire

Je comprends très bien l'ennui que tu décris sur les bancs de l'école , on apprennait beaucoup par coeur à l'époque
Pauvre petite ,l'égarement des enfants me fait toujours quelque chose aussi , je comprend bien ton émotion aussi
Sacrée envie d'aller à l'école , elle devait s'ennuyer chez elle

Ecrit par : Jeanne | 25.03.2009

Répondre à ce commentaire

J'aimais l'école, c'était aussi un établissement public pour filles. L'école des garçons étaient à quelques rues de là . J'aimais la cour de mon école, je me souviens du bac à sable où j'avais construit un château fort avec tous les détails ... La maîtresse qui était ma voisine l'avais fait admirer à toute la classe... Je me souviens aussi que la directrice de cette école était morte avec sa fille dans le crash de la caravelle qui venait de Corse et s'est âbimé en mer à l'attérissage à Nice ... C'est bien loin tout ça mais certains souvenirs sont tenaces et emplis d'émotions....

Ecrit par : Débla | 25.03.2009

Répondre à ce commentaire

@ Jeanne : pour apprendre mes leçons (le résumé dans le rectangle jaune ;-) je me bouchais les oreilles et lisais à haute voix en répétant inlassablement, telle une incantation ! Évidemment, tout mon être refusait l'apprentissage et il me fallait donc un temps infini pour apprendre 3 lignes...que j'avais déjà oubliées le lendemain !!

@ Débla : Joli geste de la maitresse envers ton château...C'est drôle, je te voyais bien aimer l'école ! ;-)

Ecrit par : Cigale | 25.03.2009

Répondre à ce commentaire

Tu as bien deviné, mon seul point noir ( noir de chez noir ) c'était le calcul mental ...Un peu moins noir le calcul mais c'était quand même l'angoisse quand il fallait aller au tableau ...Pardonne moi je vais être un peu longue ...
Un jour d'interrogation au tableau , l'angoisse est montée avec force, plus je voyais défiler les élèves des rangs devant moi , plus j'avais mal au ventre.... Quand est arrivé mon tour j'étais si blanche, si " pliée " en deux que la maîtresse a cru que je faisais une crise d'appendicite .... Je ne l'ai pas démentie ... Elle a fait avertir mes parents ... Deux jours après j'étais opéré ....Le chirurgien n'a jamais compris pourquoi mon appendice était si belle, si propre !!!
Je te promets , c'est vrai ....

Ecrit par : Débla | 25.03.2009

Répondre à ce commentaire

ou si beau , si propre ( je ne sais plus si c'est masculin ou féminin ce petit truc !) tu vois il faudrait que je retourne à lécole (sourire)

Ecrit par : Débla | 25.03.2009

Répondre à ce commentaire

@ Débla : le chirurgien n'a pas compris...ou au contraire, trop bien compris qu'il venait de faire une boulette !! :-)

Ecrit par : Cigale | 26.03.2009

Répondre à ce commentaire

....Type de souvenirs que nous avons tous en commun....vivants...avec tous les détails que l'on peut retrouver l'un après l'autre...sans se tromper...après des décennies...alors que l'on aurait peine à se souvenir de ce qu'on a fait la veille...

Ecrit par : Bottle | 26.03.2009

Répondre à ce commentaire

@ Bottle : bienvenue Bottle ! Tu as raison, j'ai même parfois du mal à me souvenir de ce que j'ai mangé à midi le soir même !!

Ecrit par : Cigale | 27.03.2009

Répondre à ce commentaire

On dirait presque la description de mon école ...

Nous, dans la cour, une ligne jaune séparait le coté fille du coté garçon, et bien sûr, interdiction absolue de la franchir ...

Habitant loin de l'école, nous avions déménagé, mais mes parents n'avaient pas voulu me changer d'école, j'avais plus de vingt minutes de marche.

Curieusement, une des filles était dans la même configuration que moi et habitait également de l'autre coté du pont qui enjambait la rivière.

Nous nous attendions pour faire le chemin ensemble et nous tenions par la main, au grand damne des instituteurs et institutrices dont l'autorité s'envolait une fois franchie la grille de l'école ... :-))

Ecrit par : Quidam LAMBDA | 30.03.2009

Répondre à ce commentaire

@ Quidam : ça amuse bien maintenant ces délimitations entre filles et garçons de l'école de l'époque !!

Ecrit par : Cigale | 31.03.2009

Répondre à ce commentaire

Ecrire un commentaire