13.03.2008
Elle, Lui et l'Autre...
Elle, voit le jour le 11 août 1919 à Paris. Enfant douée et précoce, elle découvre et apprend le violon avec sa maman qui en est professeur.
A 7 ans, elle se produit déjà salle Gaveau où elle interprète un concerto de Max Bruch. Spectacle certainement impressionnant que de voir cette petite fille mener un orchestre avec une musique aussi élaborée !
A 9 ans elle obtient un prix de la ville de Paris. Mais elle ne s'arrête pas là et entre au Conservatoire National Supérieur à 11 ans. Fait sans précédent, elle en sortira huit mois plus tard avec le 1er prix.
Sa voie est maintenant toute tracée; elle rencontre des Maîtres du violon et à 16 ans emporte le prestigieux concours Wieniawski devant David Oïstrackh certainement l'un des plus grands violonistes du XXe siècle.
Dès lors, elle entreprend une carrière internationale que la seconde guerre mondiale va cependant ralentir.
Le 20 octobre 1949, Elle donne un récital salle Pleyel à Paris dans un programme intitulé "concert des adieux ".
Lui, nait le 22 juillet 1916 en Algérie. Alors qu'il a 7 ans, la famille s'installe au Maroc où un an plus tard, il commence l'apprentissage de la boxe.
A 18 ans il dispute son premier combat professionnel à Meknès.
Semant la terreur sur les rings dans les années 1940, il est surnommé « le bombardier marocain ». Après avoir gagné les titres français et européens, il devient champion du monde des poids moyens en battant Tony Zale (dit Le Roi du K.O.) le 21 septembre 1948, par arrêt de l'arbitre à la douzième reprise.
Sa renommé internationale le devient plus encore lors de son idylle avec la plus célèbre chanteuse française de l'époque : Edith Piaf.
Le 27 octobre 1949, Lui, Michel Cerdan, monte dans l'avion de Paris qui va lui permettre de rejoindre Edith à New-York. Il a prévu de s'entraîner aux USA quelques temps avant de prendre sa revanche dans le match qui l'opposera en décembre au dernier adversaire qui l'a battu. Il devait partir en bateau, mais voulant rejoindre Edith plus rapidement, il change d'avis et décide de prendre l'avion. Celui-ci est complet mais un couple de jeunes mariés cède sa place au célèbre champion.
Ce même jour, Elle, Ginette Neveu monte dans le même avion pour New-York en compagnie de son frère Jean, pianiste, en vue d'une tournée aux USA. Son ami et luthier Etienne Vatelot doit la retrouver là-bas, mais Ginette a prévu de roder son programme dans le Sud avant de se produire à New-York. Etienne ne montera pas dans l'avion et partira par bateau disposant de temps avant la rencontre.
Le 27 octobre 1949, le Lockheed Constellation F-BAZN décolle de Paris-Orly à 20:05 pour un vol à destination de New-York avec une escale intermédiaire à Santa Maria, aux Açores. Il a 48 passagers à son bord.
Le Constellation n'arrivera jamais à destination.
Il percute le mont Redondo à 900 m au-dessus du niveau de la mer alors qu'il s'apprête à atterrir sur la piste de Santa-Maria.
Aucun des 48 passagers ne survivra au crash. La presse retiendra surtout la mort de Cerdan ce qui occultera celle de Ginette Neveu.
Et l'Autre... ?
L'Autre a pris naissance au XVIIIe siècle et se nomme Stradivarius. C'est le violon avec lequel Ginette s'exprime.
Il se trouve en cabine dans son étui à côté d'elle lors du crash.
Après...il n'y est plus, et si la boite de violon est bien là, intacte parmi les débris, elle est bel et bien vide ! Ne reste que les archets, l'instrument a disparu.
Peu de temps après la catastrophe, une rumeur circule qu'un musicien "violoneux un peu illuminé" joue d'un instrument à la sonorité magique aux terrasses des cafés de l'archipel.
Les compagnies d’assurances dépêchent immédiatement leurs limiers afin de retrouver cet instrument qui n'a pas de prix ! Quand ils arrivent, le violon s’est tu. Disparu. A tout jamais...
08:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : musique, ginette neveu, cerdan, crash avion, stradivarius





Commentaires
Je n'avais jamais entendu parler de cette artiste , c'est prodigieux le don de certain à la musique. Quelles grosses pertes a occasionné ce malheureux accident.
Ecrit par : mamienne | 13.03.2008
Répondre à ce commentaireJe n'avais jamais entendu parler de cette histoire, ni de Ginette Neveu.
C'est très touchant et mystérieux...où est ce violon désormais...
(je m'en vais voir les prix des violons et tomber raide ;-))
Ecrit par : Pivoine | 13.03.2008
Répondre à ce commentairemamienne : oui c'est comme la petite japonaise dont je parlais dans une précédente note ! Issue de parents non musiciens et qui plus est de condition plus que modeste, on se demande vraiment d'où ça tombe parfois...
Pivoine : c'est bon ? Tu t'es relevée ?? :-))
Ecrit par : Cigale | 13.03.2008
Répondre à ce commentairecomment ne pas croire au destin après cela ?
Ecrit par : Louise | 13.03.2008
Répondre à ce commentaireAh! la!la! oui j'étais assise quand j'ai lu ça aide ;-)
Je ne pensais pas que ça pouvait atteindre de telles sommes!
Ecrit par : Pivoine | 13.03.2008
Répondre à ce commentaireLouise : tu l'as dit ! Particulièrement dans cette histoire entre ceux qui devaient puis qui... on ne peut s'empêcher de penser à une fatalité.
Ecrit par : Cigale | 13.03.2008
Répondre à ce commentaireJe l' ai entendu une fois,le Stradivarius, entre le mains d'un fameux violoniste( il faut que son nom me revienne ) , y a trés longtemps ( j'étais jeune fille au pair chez un metteur en scène en Angleterre) . Sa femme et lui m'emmenaient souvent aux concerts ( c'est avec eux que j'ai découvert la musique classique ) souvent aux concerts , et là, c'était au royal Albert Hall de Londres ....
Je connaissais l'histoire de Cerdan , mais pas du tout celle de cette violoniste , ni du Stradivarius ......
Ecrit par : debla | 14.03.2008
Répondre à ce commentaireSans vouloir me la ramener c'était Marcel et non Michel pour Cerdan.
Ecrit par : daniel | 14.03.2008
Répondre à ce commentairedebla : il existe encore plusieurs exemplaires de Stradivarius de par le monde, heureusement ! Dans l'enregistrement ici (assez mauvais vu l'époque) , il est difficile d'apprécier la sonorité de l'instrument bien que l'on entende quand même qu'il a un son et des graves magnifiques !
daniel : beau lapsus ;-) Merci d'avoir corrigé ! (en plus Marcel est le prénom de mon père)
Ecrit par : Cigale | 14.03.2008
Répondre à ce commentaireC'est une belle note hommage que tu donnes là , ce que j'aime dans ton blog c'est la diversité ,passer de Claude François à une violonite virtuose ,j'aime cette capacité à passer d'un sujet leger à un note plus grave .
C'est terrible ces dispartions ,les corps , les objets ,comment faire son deuil ?
Ecrit par : Jeanne | 15.03.2008
Répondre à ce commentaireJeanne : oui, contrairement à ceux qui tiennent une ligne éditoriale rigoureuse, personnellement je préfère la diversité. Les notes se suivent et ne se ressemblent pas, j'ai horreur des carcans des cases toutes faites et rien ne m'indispose plus que de me sentir prisonnière...
A ce sujet, je m'étais promis de ne jamais faire de politique sur mon blog car je ne connais que trop les dérives du sujet (sans compter que les autres en parlent cent fois mieux que moi).
J'avoue cependant que les évènements qui se déroulent actuellement au TIBET seraient presque en passe de me faire changer d'avis...mais bon...
Ecrit par : Cigale | 15.03.2008
Répondre à ce commentaireJe ne parle pas politique sur mon blog car je ne saurais pas faire ( à part poster des petites vidéos rigolotes sur les bourdes de Nicolas :).
En parlant du Tibet ,voici un excellent billet de Chouyo à ce sujet:
http://chouyo.canalblog.com/archives/2008/03/17/8362028.html
Ecrit par : pivoine | 19.03.2008
Répondre à ce commentairePivoine : pareil pour les vidéos ;-)
Merci pour le lien, intéressant effectivement ! On n'ose imaginer la réalité quand on entend les dirigeants chinois parler d'une centaine de morts...
Ecrit par : Cigale | 19.03.2008
Répondre à ce commentaireHey ! toujours agréablement sprise de liren des billets intéressants :) qu'est-ce que tu sous ebntendais dans cete parenthèse : elle decouvre et apprend le violon avec sa maman qui en est professeur ? je te souhait une bonne continuatin !
Ecrit par : Compositeur | 08.04.2008
Répondre à ce commentaireBienvenue Compositeur ! Je voulais dire que la mère de Ginette était violoniste elle-même et qu'elle apprenait à jouer du violon à sa fille.
Ecrit par : Cigale | 08.04.2008
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